Ça peut être dit sous forme d'encouragement, du genre "tu assures grave", mais qu'est-ce que j'aime pas qu'on me dise ça.

Souvent, c'est dit dans des situations où moi-même JE NE SAIS PAS COMMENT JE FAIS, BORDEL. Des moments où je serre les dents, et au choix, j'avance vaille que vaille ou j'attends que ça se passe (le tout en retenant mes larmes).

Un exemple? Abibi mon mari est souvent en déplacement. Rien de régulier, rien de très lointain (pas d'international, quoique Belfort ou Le Creusot, c'est un peu l'étranger, quelque part?...) (pardon), mais ça arrive souvent. Plusieurs jours par semaine.
Il s'investit en plus dans son association de baston, ce qui lui prend quelques week-ends par an.
Je suis donc, de fait, souvent seule avec les filles.
Je ne le vis pas toujours très bien, parce que je ne suis pas toujours un modèle de zénitude quand je rentre du travail, que je dois enchaîner le *SUPER COMBO* devoir-bain-repas-histoire-coucher sachant que je me remets au travail une fois qu'elles sont couchées. Aussi parce que bien souvent, toutes les tensions à décharger sont pour ma pomme ("mamaaaaaaaaaaan !!! *gna gna gna gna gna gna gna gna gna*"). Bref, ce ne sont pas seulement des moments privilégiés mère-fifilles.

(En même temps, quand ça se répète aussi souvent, peut-on encore appeler ça des moments privilégiés ?...)

Dans ces moments-là, quand j'ai passé un genre de nuit à vous empêcher de tomber enceinte pour les 10 prochaines années (21h la machine ne vidange pas, l'eau se répand sur le sol de la salle de bain, gé-nial, j'écope pendant 2 heures ; 23h fièvre de n°2 ; 23h30 vomi de n°2 ; 00h l'exorciste de n°3 ; 02h mal au ventre de n°2 ; 05h chat qui miaule ; 07h réveil qui sonne) et qu'évidemment, j'étais seule -comme adulte j'entends-, il y a toujours quelqu'un(e) pour me dire "je ne sais pas comment tu fais".

Quand je déprime parce que je ne vois pas Abibi pendant plusieurs jours, ou en tout cas que j'aimerais bien le voir davantage, quand les réunions/conseils de classe/de discipline/répétitions/invitations s'enchaînent la même semaine (on appelle plus ça de l'organisation mais du jonglage), quand mon cerveau tourne à bloc pour essayer de tout caser, il y a encore quelqu'un(e) pour me dire "je ne sais pas comment tu fais".

Quand je raconte ma course du matin les jours où je suis seule et où je dois déposer Anita à l'école maternelle, Rosalie à l'école élémentaire et Maïté à la crèche, il y a évidemment quelqu'un(e) pour me dire "je ne sais pas comment tu fais" (sous-entendu pour déposer mes trois filles à trois endroits différents) (en même temps, je ne vais maintenir Rosalie en maternelle le temps qu'Anita puisse aller en primaire, et je ne vais pas parachuter Maïté en primaire alors qu'elle porte des couches, pas vrai ?...).

Ben... Je fais. Pas forcément bien, mais je fais, et tu ferais aussi, à ma place. Sans aucun doute.

Ça marche également quand un bébé se réveille encore plusieurs fois par nuit à l'heure où plein d'autres dorment sur leurs deux oreilles, c'est bien relou d'entendre "je ne sais pas comment tu fais...".

C'est énervant ou bien ???

Alors bien sûr, parfois, j'y arrive bien, sans couac, sans exaspération, sans cri, dans la douceur et la bonne humeur, et là, je dis bien là, je me sens un peu fière, et je me dis que je SAIS comment je fais.
(1 fois sur 13) (Ahem).