Petite, je lisais beaucoup. Il faut dire que j'ai souvent vu des livres dans la maison, mon père étant la personne la plus livrophage que je connaisse. Son bureau était rempli de bouquins en tout genre, romans, livres économiques, mathématiques, sur le cinéma, sur l'escalade, et j'en passe. Sans oublier les BD, évidemment.

À tel point que sous le poids de sa bibliothèque, le plafond de son bureau menaçait de s'écrouler. On voyait au fil des années le plancher se creuser et le plafond de la salle à manger se bomber.

Au printemps 90, mes parents ont fait aménager la grange qui se trouve au fond du jardin : ils y ont fait installer un coin cuisine, une salle de bain et des toilettes, et à l'étage, deux chambres pour mes soeurs et moi.
Nous nous y sommes installées juste avant l'été de fin de quatrième pour nous (on avait 12 ans et demi) (l'âge de Rosalie, c'est fou-fou, quand j'y pense). On y allait pour dormir, le coin cuisine n'a jamais servi parce qu'on continuait à prendre nos repas en famille. Nos anciennes chambres se sont transformées en salle télé pour la nôtre, et en bureau de maman pour celle de ma grande soeur. Les livres de mon père ont continué leur petit travail de creusage/bombage en toute quiétude.

Quand la grange s'est de nouveau retrouvée vide, après nos départs successifs, et que nos enfants sont nés, ma mère a décidé de sauver le plafond de la salle à manger et de récupérer le bureau de mon père pour en faire une chambre d'enfants.
Mon père a donc déménagé ses affaires dans la grange. Il en a fait une vraie bibliothèque et un grand bureau, tu sais, avec des rayonnages qui montent jusqu'en haut (et on a un genre d'étage mezzanine, avec une belle hauteur sous plafond) et une belle échelle en bois que l'on déplace sur des rails pour atteindre le coin de Proust ou des topos d'escalade, par exemple. Ça fait un sacré bel endroit, n'empêche.

Bref, j'ai donc toujours vu des livres ouverts, plusieurs en même temps, en parallèle des journaux et des magasines, la lecture était un loisir très présent à la maison.
J'ai toujours aimé ça.
Et puis la vie étant ce qu'elle est, j'ai moins le temps pour m'y consacrer. Je lis des magasines de filles chaque mois, et je mets de plus en plus de temps pour les terminer, tellement mes moments de lecture sont rares. Je crois aussi que je ne fais pas beaucoup d'efforts, je choisis parfois d'aller faire du shopping ou boire un verre plutôt que de me poser pour lire, les quelques fois où j'ai un peu de temps. Question de priorité ?...

L'été, j'y remédie un chouïa, je bouquine davantage. J'essaye de me rattraper, j'ai l'esprit plus libre pour m'y atteler, et c'est tant mieux.

Cet été, j'ai donc lu :

* "Tu comprendras quand tu seras grande" et le dernier jour du reste de ma vie" de Virginie Grimaldi. J'ai commencé par le deuxième qu'elle a écrit, et comme je suis entrée facilement dedans, j'ai pris le premier. Je les ai lus à toute vitesse, parce que c'est facile à lire, c'est émouvant, sympa, l'écriture me parle, les histoires m'ont bien plu, je me suis laissée embarquée.

* "L'assassin qui voulait sa place au paradis" de Jonas Jonasson. Comme tous ses autres bouquins, j'ai adoré. C'est drôle ! Le genre de livres où à plusieurs moments t'as envie de lire ta phrase au gens qui est à côté de toi pour qu'il en profite aussi. J'ai regretté mon ignorance religieuse, je suis sans doute passée à côté d'une ou deux blagues délicieuses, mais même pour une ignare comme moi en Jésus, c'est très bien.

* "L'amie prodigieuse" d'Elena Ferrante. J'en avais beaucoup entendu parlé. Je ne te cache pas que retenir qui est qui, réussir à comprendre de quel personnage on parle, c'est pas fastoche. Ils sont très nombreux. Mais une fois que ça a été fait, je n'ai plus voulu lâcher mon livre. J'avais l'impression d'être à Napples, dans les années 50, et chaque soir, c'est comme si je retrouvais des copines. Je me suis empressée d'acheter la suite, pour ne pas les oublier. J'en suis actuellement au milieu du deuxième tome, et j'aime toujours autant.

* "En attendant Bojangles" d'Olivier Bourdeaut. Je l'ai lu aussi très vite. Ce livre m'a fait l'effet d'un coup de poing. C'est extrêmement bien écrit, c'est bourré de jeux de mots incroyables, et c'est vraiment très beau et très fort. Ça m'a scotchée quand j'ai su que c'était son premier roman, et qu'il était né en 1980. Mille neuf cent quatre-vingt, le mec. Je l'ai lu dès que j'ai pu en écoutant M.Bojangles de Nina Simone, que j'ai découverte à cette occasion, et... Rien à ajouter.

Il manque à ma liste les livres que j'aurais aimé lire : "Le passe-miroir" de Christelle Babos (Rosalie l'a dévoré il y a quelques temps déjà, et j'ai lu partout que c'était de la littérature jeunesse à lire absolument) (ça tombe bien, je suis encore super jeune) ; "Le livre des Baltimore" de Joël Dicker (j'avais dévoré son livre sur Harry Québert, en mode trop jalouse de ne pas avoir le talent d'écrire ce genre de roman, et j'attendais que son deuxième sorte en poche).

J'ai décidé de m'accorder davantage de temps pour lire, ne serait-ce qu'avant de dormir, ne serait-ce que quelques pages.

Et toi, tu as lu quoi, cet été ?