... Tattoo.

(Jeux de mots à l'intérieur)

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Ça m'en fait 6. Il me reste encore un peu de place, mais comme j'ai ce qu'on appelle des grosses pièces, j'en ai de moins en moins, de la place.

(mais bon, on sait ce que c'est "oh non merci, je ne peux plus rien avaler, j'ai trop mangé !", et on reprend une part de galette des rois (si elle est à la frangipane, hein).

1997.
Le premier, j'allais avoir 20 ans. Je venais d'arriver sur Nantes, pour m'installer avec Abibi, après 4 ans de relation à distance. J'y pensais, sans plus, c'était pas tellement dans ma culture familiale de se faire encrer la peau. Les tatouages étaient plutôt associés aux prisonniers ou aux loubards.
Mais avec Abibi, on s'est dit d'un coup, "et si on se faisait le même tatouage, tous les deux ?...". Comme une preuve d'amour, indélébile, mais qui n'engage pas plus que ça non plus.
On a choisi le motif (de la caligraphie arabe, qui signifie "à moi", ou "m'appartient"), l'emplacement (sur l'épaule gauche pour moi, et sur la droite pour lui), et on est entrés dans le premier salon de tatouage de Nantes, qui avait pignon sur rue. Un vrai connard, soit dit en passant. Mais qui a fait le job.

J'étais persuadée de n'en faire qu'un. Parce que ça fait mal, c'est cher, c'est pour toujours.

2005.
Et puis à la naissance de Rosalie, ça nous a retitillé. On avait 27 ans et quelques mois. Cette fois, on s'est fait tatouer tous les deux, mais pas la même chose.
On a été plus regardants sur le tatoueur, puisque moi je voulais une création, je n'avais pas de dessin précis en tête. J'ai donc été voir un tatoueur-dessinateur. Il m'a fait exactement ce que je voulais : un poisson sur le pied droit, avec des bulles qui remontent sur la cheville.
Après le tattoo invisible pour moi, je voulais l'avoir tout le temps sous les yeux. J'ai réalisé bien plus tard que Rosalie, née en mars, est poisson. Je n'accorde aucune importance à l'astrologie, je ne pense donc pas que mon inconscient m'ait joué un tour, et d'ailleurs, je ne sais même pas pourquoi je précise ce détail ?!?

Là, le virus m'a touchée.

2007.
Avec Abibi, on a découvert Yann Black. L'un des plus grands tatoueurs du monde, rien que ça. Le genre d'artiste dont tu reconnais le travail en un coup d'oeil, quand tu tombes sur un bras ou une jambe dont il s'est occupé. On l'a appelé, il était sur Paris à l'époque, mais pas de bol, il partait s'installer à Montréal et n'avais plus de créneau pour nous tatouer tous les deux.
Qu'à cela ne tienne, on est partis en vacances au Québec, avec notre Roro sous le bras (elle avait 2 ans et demi, et nous, c'était l'été de nos 30 ans).
Je te la fais courte, mais finalement, il a eu un problème de visa, il n'était donc pas à Montréal comme prévu quand on y était. Il a donc accepté de nous tatouer à notre retour sur Paris, et je ne l'en remercierai jamais assez.
C'est son travail que tu peux voir sur mon dos. Une immense fleur qui descend jusque dans ma culotte (quand j'en ai une) (hu hu hu), et dont j'aime chaque trait. Je lui ai fait ajouter les chiffres 3, 5 et 7, parce que je suis de la #teamchiffresimpairs, et Abibi les a aussi ajouté à son tatouage.
Je ne le vois pas, ce merveilleux tatouage. Je ne le vois pas directement, mais chaque personne qui le voit me le rappelle. Je n'ai que des échos positifs. Les gens sont souvent bluffés de la finesse de cette marguerite.

2014.
J'ai eu envie de remettre ça. Un an auparavant, Florian s'était fait tatouer, deux mois avant de mourir, par Lionel Fahy, un autre artiste incroyable et très connu dans le monde du tatouage. Je l'ai contacté, et il m'a fait l'immense honneur de me tatouer les bras. Une fleur, encore, qui commence sur le devant de l'épaule gauche, et dont la tige se termine sur l'avant-bras droit. Ce tatouage, je l'aime. Évidemment. Il me rappelle combien Lionel est un homme adorable, talentueux, qui a su saisir ce que je voulais (alors que je ne savais pas moi-même ce que je voulais, c'est foufou, non ?). Et la couleur -orange- s'est invitée, là où je n'avais osé que le noir auparavant.

2017.
Cette année, j'ai fait ma gue-din, j'ai ajouté 2 tatouages à ceux que j'avais déjà. Les 40 ans, sans doute.

Un mollet entier, ou quasi, par Mariette. Une frise destructurée, qui fait presque tout le tour de mon mollet gauche, et qui s'envole sur le mollet droit. Je voulais une femme, cette fois. Je l'ai fait en septembre, pour éviter d'avoir la tentation de me baigner tout de suite. Depuis, il fait moche et froid, et mes mollets ont rarement vu l'air frais, tu vois. Si bien que je n'y suis pas encore habituée. Je suis presque surprise de voir ce motif sur moi, encore. J'ai hâte d'être aux beaux jours pour le voir tous les jours. Il est si beau, on dirait une armure, en points de croix (la marque de fabrique de Mariette). Cette fois, c'est du bleu qui est arrivé sur ma peau (l'autre marque de fabrique de Mariette).

Et puis, il y a eu Berlin.

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Nos 40 ans marquent les 20 ans de notre vie commune.
C'est donc
l'exacte transition du "j'ai plus vécu à Nantes qu'à Brétigny", ce qui me fait un petit quelque chose.
(et c'est bizarre, parce que je ne retournerai vivre à Brétigny pour rien au monde !...)

20 ans après notre même tatouage d'amoureux, celui décidé sur un coup de tête, nous avons récidivé. On a même fait plus fort : on est entrés dans un salon de tatouage berlinois, et 20 minutes après, on était ressortis avec notre nouveau dessin sur la peau. On était nous-même étonnés d'avoir fait ça si vite. Et en même temps, je dis sur un coup de tête, mais on y pensait depuis 2 ans, on avait le motif en tête, par exemple.

Une façon de fêter ces vingt années passées à la vitesse de la lumière, en quelques sortes.
Cinq petits traits, qui représentent au choix : on a pris perpet', on est 5 dans la famille, ou rien.
(Quand je repense à la tête du tatoueur quand on lui a dessiné vite fait sur un coin de feuille ce qu'on voulait !...)

Chacun aimerait connaître les significations de ces tatouages. Mais je suis bien embêtée : il n'y en a pas toujours, sauf que j'en avais envie au moment où je les ai faits. Après, en creusant, on en trouve toujours, plus ou moins capillo-tractées.

Les questions qu'on me pose souvent : est-ce que ça fait mal ? (OUI) Ça coûte cher ? (OUI) T'as pas peur de regretter ? (NON)
Je réponds souvent que si mes tatouages sont les seules choses que je regrette à la fin de ma vie, ça va, ça veut dire que j'aurais à peu près réussi ma vie. Non ?

En tout cas, ils font tellement partie de moi, ils sont tellement moi, que je ne me souviens pas comment j'étais, toute nue.