Loin de moi l'idée de polémiquer sur pour ou contre la semaine des 4 jours et demi, même si je ne suis pas opposée à l'idée d'échanger sur le sujet, mais j'ai lu dans le journal l'autre jour que la majorité des villes de France s'apprêtait à revenir aux 4 jours à la rentrée prochaine. Ça m'a interpellée, après tout le foin qu'on nous a fait quand on est passé à la demi-journée supplémentaire.
Sérieux, des fois on se dit qu'ils n'ont pas grand chose à faire pour toujours défaire ce qui vient d'être fait ?!?

Comment ça se passe chez toi ?

À Nantes, on reste en majorité aux 4 jours et demi, et franchement, j'en suis bien heureuse.

Ce n'est même pas tellement une histoire de garde d'enfants si elles n'allaient pas à l'école le mercredi matin, puisque j'ai la chance d'avoir mon mercredi matin depuis des années. Cette chance est remise en jeu à chaque rentrée scolaire, et dépend du bon vouloir de mon principal adjoint qui se coltine les emplois du temps, mais pour le moment (je touche du bois), j'ai toujours été bien lottie.

Non, je suis heureuse que mes filles continuent à travailler sur 4 jours et demi, pour plusieurs raisons :

Pour avoir vécu l'école sur 4 jours avec Rosalie (elle était en CE1 ou en CE2 quand les rythmes ont changé), je ne les trouve pas plus fatiguées qu'avant. Au contraire, même. La régularité des réveils, chaque jour de la semaine, avec donc un coucher régulier lui-aussi, je trouve que ça rythme bien la semaine de travail.
Les enseignants ont toujours joué le jeu de ne pas surcharger en devoirs, voire même d'alléger un peu le mardi soir, gardant pour le mercredi matin la chorale, par exemple (qui ne nécessite pas d'apprentissage particulier).
Les apprentissages, justement, sont mieux lissés sur la semaine : chaque matinée est bien exploitée, et de l'avis des enseignants, il y a moins l'effet fatigue du lundi-post weekend, du jeudi-post mercredi, et du vendredi-pré weekend.
Et surtout, elles font des choses en périscolaire qu'elles ne faisaient pas avant. On a une chance inouïe d'avoir des équipes d'animateurs avec de vrais projets pédagogiques, avec des plannings clairs et précis, des activités qui durent sur plusieurs semaines, des propositions intéressantes.

C'est bien entendu là que le bât blesse. Tout le monde n'est pas logé à la même enseigne. Selon les municipalités, les contraintes liées à la vie rurale, semi-rurale, les possibilités qui s'offrent aux enfants sont vraiment différentes.
Ce qui est dérangeant, pour une Éducation NATIONALE.

Concernant leurs horaires, en maternelle, les enfants font en gros des journées un peu plus courtes (ils terminent à 16h, avec une garderie gratuite jusqu'à 16h30), et enchaînent avec le périscolaire. Ils y font du yoga, des jeux de constructions, des activités manuelles, de la danse, des ateliers lectures... Tout est annoncé en début de période, et ils ont une vraie heure d'activité par soir (on ne peut pas venir les chercher entre 16h30 et 17h30). Maïté adore au moins autant l'école que ce qu'elle fait à la grande garderie.
En élémentaire, le parti pris a été différent. Selon la classe dans laquelle tu es, tu ne termines pas à la même heure. Le matin, tout le monde travaille de 9h à 12h15. Puis ils reprennent à 14h15. Pour terminer à 16h30, sauf un jour où ils terminent à 15h15. Ce qui fait qu'ils ont chacun une heure et quart d'activités (ce que certains appellent les TAP), non obligatoire (si tu veux venir chercher ton enfant à 15h15 le jour où c'est son tour, tu peux !).
Le programme est sympa aussi : jeux sportifs, fabrication de jeux de société, enquête dans le quartier, apprendre à dessiner façon manga, théâtre, ...

jeu Nit

Jeu de l'oie fait par Anita et ses copines

Et je trouve que ces temps périscolaires contribuent eux aussi à épanouir les enfants en général, et mes filles en particulier.

Entendons-nous bien : le rythme des enfants n'est absolument pas respecté. Pour la simple et bonne raison que chacun a son rythme propre.
Non ?
Pour certains, la journée commence à 6h tapantes (dieu -ou qui veut- m'en préserve). D'autres ont un coup de barre en milieu de journée. Pour d'autres encore, si le réveil pouvait ne pas sonner avant 10h, ce serait joie et bonheur tous les matins.
On comprend bien que la vie EN SOCIÉTÉ ne peut absolument pas se caler sur les rythmes individuels. De fait, tout se cale sur les horaires des adultes qui, eux, n'ont pas le choix : ils doivent se lever pour aller travailler, leurs horaires sont imposés par leurs entreprises, leur temps de trajet. Alors oui, un enfant ne devrait sans doute pas subir la vie speed et stressante de ses parents. Mais jusqu'à preuve du contraire, on n'a pas tellement le choix...

Donc qu'on nous lâche la culpabilité, avec ces soi-disants rythmes de l'enfant. Sans rire. 4 jours ou 4 jours et demi ne respectent en rien le rythme des enfants. Alors autant essayer de concilier tout ça en proposant des temps d'apprentissage réguliers, puis des temps de garderie de qualité.

Bien sûr, ça demande des moyens. Le nerf de la guerre...