(Et il n'y a rien de sexuel, dans ce titre) (OUPS).

Depuis quelques temps, Abibi se déplaçait moins. Ou en tout cas ça faisait longtemps qu'il n'était pas parti toute la semaine.

Et tu sais quoi ? ÇA M'AVAIT PAS MANQUÉ, TIENS !

J'avais déjà écrit à ce sujet, d'ailleurs, il y a presque 3 ans : ça s'appelait le théorème de la grève. Me relire me fait tout drôle : je pourrais écrire la même chose mot pour mot.
Presque.

Il y a quand-même une nuance très nette : les filles grandissent. Et tout est plus facile.

(Ceci est un message d'espoir pour toi qui me lis avec des enfants encore petits, je te promets qu'un jour, on retrouve un peu de liberté, juré, craché).

Par exemple, la semaine dernière, Abibi est parti pour Belfort lundi matin (il devait prendre le train initialement à 6h, et il n'a pas entendu son réveil, il est parti en catastrophe à 7h30, gloups). Pas de bol, ce jour-là, il y avait grève de cantine, de périscolaire et j'avais en plus une réunion profs-parents de 4ème (dont je suis PP). Ben oui, ça aurait pas été marrant, sinon.Tu sais quoi ? Je gagne en maturité (je grandis, quoi), parce que je n'ai pas paniqué.
Pour la cantine, comme je n'ai cours qu'à 13h30, j'ai pu aller chercher Anita et Maïté à 12h15. On a rapidement déjeuné ensemble, toutes les 3, puis je suis partie vers 13h15 retrouver mes élèves.
Les filles, elles, étaient attendues à l'école à partir de 14h05. Elles sont donc restées 3/4 d'heure toutes seules, avec pour mission de ne pas s'entretuer, de ne pas faire de bétises et de partir à l'heure de la maison en pensant à fermer la porte à clé.
Ça a été l'occasion de revoir avec elles les règles de sécurité élémentaires : Est-ce qu'on ouvre quand ça sonne à la porte ? (NON) Que faire en cas de problème ? (On ne panique pas) Qui appeler ? (Ça dépend) Quelle est notre adresse ? (oui, Maïté, on habite en France, c'est vrai, mais le SAMU aurait du mal à te trouver si tu ne précises pas plus !...)
Je leur ai expliqué, pas seulement parce qu'elles allaient rester seules (ça arrive régulièrement, même si la plupart du temps, Rosalie est là), mais aussi pour toutes ces fois où elles pourraient se trouver confronter à un danger immédiat. 6 ans n'est pas trop jeune pour savoir qu'il faut faire le 15. Non ?

Bref, revenons à notre lundi midi. Avant de les laisser, j'ai évidemment mis un réveil à sonner pour leur donner le top-départ à l'école. J'avais aussi prévenu les maîtresses, pour qu'elles m'appellent dès 14h15 si elles n'étaient pas arrivées à l'école.
Ça s'est très bien passé. Maïté a bien écouté sa grande Tessoeur, à la maison ou sur le trajet de l'école, et Anita a pris son rôle très à coeur. Elle a fait un puzzle avec sa petite Tessoeur, lui a lu des histoires, l'a aidée à fermer son manteau et a pensé à lui mettre son bonnet.
Pour le soir, j'ai terminé mes cours à 15h30, j'ai donc pu aller les récupérer à l'école à 16h30, les déposer à la maison où elles ont sagement attendu que Rosalie rentre du collège, pendant que je retournais à mes rendez-vous parents-profs.
Je suis rentrée après 20h30.
Tu sais quoi ? Elles avaient dîné, s'étaient douchées et elles étaient couchées en train de bouquiner, chacune dans leur chambre. La table avait même été débarassée (bon, pas épongée, faut pas déconner, ça, je crois qu'elles pensent que j'adore ça, passer l'éponge, alors elles me le laissent tout le temps ! Merci, hein !).
Tu vois comme c'est plus facile, quand les enfants grandissent ?...

Le reste de la semaine s'est enchaîné tranquillement. Un quotidien ordinaire, entre le travail, les cours de danse (4 en tout), le théâtre, la guitare, la batterie. Quelques courses à faire.

Et puis... Jeudi soir.

Le jeudi, je termine mes cours à 14h, il n'y a aucune activité extra-scolaire à signaler.
J'avais juste à corriger mes copies de 3ème, j'avais prévu de passer acheter des trucs en vrac (de quoi faire du muesli maison, si tu veux tout savoir, cette recette-là en particulier), des capsules Nespresso (je suis pas à une contradiction près, tu vois), je voulais aller m'acheter des chaussures de ski en soldes à Go Sport, avant d'aller à l'école chercher les filles.
Voilà, c'était pas compliqué, si ?

Je ne sais pas quand, ça a vrillé. Peut-être quand je me suis pris la tête avec le vigile de Go Sport (qui refusais de me laisser entrer avec mon sac à main, bref, je suis repartie sans mes chaussures bien énervée). Ou quand l'évier de la cuisine refusait de se vider et que j'ai du enlever tout ce qu'il y avait dans le placard, pour dévisser le truc qui contenait plein de bidules tous plus dégueu les uns que les autres. Ou quand Rosalie m'a demandé de lui faire sa dictée en chinois (une coquetterie se cache dans cette phrase). Ou quand Maïté devait apprendre sa poésie. À moins que ce ne soit celle d'Anita, plutôt difficile et longue. Ou quand j'ai réalisé que, pleine d'entrain, j'avais lancé une machine dans l'aprem et qu'il fallait que je l'étende (et que je détende la précédente, avant). Ou quand il a fallu faire un gâteau pour le goûter à l'école le lendemain.

Bref, je ne sais pas quand c'est parti en cacahuète, mais j'ai soudainement eu envie de tuer la terre entière (à commencer par le gars de Go Sport). Une humeur de dogue. Raaaaaaaaaaa. Remplie de colère et de ressentiment, et de "putain de merde mais bordel".

Une fois les filles couchées, je me suis planquée sous mon plaid tout doux devant la télé (et y'avait rien, puréééééééééééééééée), avec une tisane et du chocolat au lait.

Et puis vendredi est arrivé, et avec lui, le retour du mari, attendu comme le messie. Rien que ça.

Tu vois, tout est plus facile, en grandissant !